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dimanche 28 avril 2013

Ch. 16 - Des instruments - Instruments de fantaisie


Chapitre XVI j
 

Des instruments.
Instruments de fantaisie



Dans la récapitulation que je viens de faire des instruments de musique, j'ai négligé quelques variétés qui n'ont eu qu'une courte existence, ou qu'on ne peut considérer que comme des instruments de fantaisie. Toutefois je ne dois point passer sous silence ceux de cette espèce qui ont eu pour objet de résoudre deux problèmes difficiles, en enrichissant la musique d'un système d'effets qui n'existait pas, et en fournissant aux compositeurs les moyens de conserver leurs improvisations. Je veux parler
  • des instruments qui réunissent le clavier à l'archet, 
  • et des pianos mèlographes.
Il y a plus d'un siècle qu'on a essayé pour la première fois de donner aux instruments à clavier la faculté de soutenir les sons à l'exemple des instruments à archet. Vers 1717, un facteur de clavecins de Paris essaya de résoudre la difficulté dans un instrument qu'il nomma clavecin vielle, parce qu'il ressemblait à une vielle posée sur une table ; au lieu d'archet, il y avait mis une roue, et le son était semblable à celui d'une vielle. Cet instrument fut approuvé par l'Académie des sciences. Il paraît qu'il se passa beaucoup de temps avant qu'on songeât à perfectionner l'invention de ce facteur.
Vers la fin du XVIIIe siècle, un mécanicien de Milan, nommé Gerli, fit entendre dans plusieurs concerts et dans des églises un instrument qui avait la forme d'un clavecin, et qui était monté de cordes de boyau, lesquelles étaient jouées par des archets de crin, selon ce qui est rapporté dans les journaux italiens de ce temps.
Lors de l'exposition des produits de l'industrie qui eut lieu aux Invalides, en 1806, Schmidt, facteur de pianos à Paris, présenta un instrument qui avait la forme d'une longue caisse carrée ; à l'une de ses extrémités se trouvait un clavier avec un mécanisme de piano ordinaire ; de l'autre côté était un second clavier destiné à faire mouvoir de petits archets cylindriques qui faisaient résonner des cordes de boyau. Les sons qu'on obtenait par ce mécanisme avaient l'inconvénient de ressembler à ceux de la vielle.
Divers autres essais ont été tentés et ont plus ou moins réussi.
  • Un mécanicien, nommé Pouleau, a fait, vers 1810, un orchestrino qui était du même genre que l'instrument de Schmidt ; les sons en étaient assez agréables, mais faibles.
  • L'abbé Grégoire Trentin a construit ensuite un violin-cembalo qui était de la même espèce.
  • Il en est de même d'un sostenante-piano-forte inventé par M. Mott, de Brighton,
  • et un plectro-euphone que MM. Gama, de Nantes, ont fait entendre à Paris en 1828.
  • Enfin, M. Dietz est arrivé aussi près que possible de la solution du problème dans son polyplectron, qu'il a fait connaître dans le même temps. Les principes d'après lesquels M. Dietz a construit son instrument sont plus conformes à ce que l'observation enseigne sur la résonance des instruments à archet, que ceux qui avaient été adoptés par ses prédécesseurs. Le polyplectron est susceptible de produire une foule d'effets fort jolis ; mais ce sont ceux d'un instrument particulier plutôt que des imitations du violon et des autres instruments à archet.

L'idée de construire un clavecin ou piano au moyen duquel on conserverait les improvisations d'un compositeur a beaucoup occupé plusieurs mécaniciens. Un Anglais, nommé Creed, fut le premier qui écrivit, en 1747, un mémoire où il prétendait démontrer la possibilité de cette invention. On assure que le moine Engramelle exécuta, vers 1770, une machine de cette espèce dont le succès fut complet; mais les explications qu'on en donne sont fort obscures, et de nature à faire naître des doutes sur la vérité des faits. D'un autre côté, Jean-Frédéric Ungher, conseiller de justice à Brunswick, a réclamé, dans un ouvrage allemand imprimé en 1774, l'invention de la machine attribuée à Creed, et a prouvé qu'il avait exécuté antérieurement un instrument semblable.
Au mois d'août 1827, M. Carreyre a fait, devant l'Académie des beaux-arts de l'Institut, l'essai d'un piano mélographe qui consistait en un mouvement d'horloge, lequel faisait dérouler d'un cylindre sur un autre une lame mince de plomb où s'imprimaient, par l'action des touches de piano, certains signes particuliers qui pouvaient se traduire en notation ordinaire, au moyen d'une table explicative. Après l'expérience, la bande fut enlevée pour en opérer la traduction, et une commission fut nommée pour en faire le rapport ; mais ce rapport n'ayant point été fait, il est vraisemblable que la traduction ne s'en est point trouvée exacte. Dans le même temps, M. Baudoin a lu à l'Académie un mémoire, accompagné de dessins, sur un autre piano mélographe ; mais l'Institut n'a point prononcé sur le mérite de cette découverte. Il résulte de tout cela que le problème reste encore à résoudre.

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