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jeudi 25 avril 2013

Ch. 16 - Des instruments - Instruments à anche


Chapitre XVI e
 

Des instruments.
Instruments à anche



     
De toutes les variétés d' instruments à anche, dont on a fait usage à diverses époques, on n'a conservé que le hautbois, le cor anglais, la clarinette et le basson.

Le plus ancien de ces instruments est le hautbois ; car les ménétriers s'en servaient déjà vers la fin du XVIe siècle. A cette époque c'était un instrument grossier, d'un son dur et rauque, qui avait huit trous, sans clefs. Sa longueur totale était de deux pieds. Il resta longtemps dans un état d'imperfection qui ne permettait de l'employer dans l'orchestre que pour la musique champêtre. On ne commença à lui ajouter des clefs que vers 1670. Les Besozzi, qui se rendirent célèbres par leur talent sur cet instrument, s'attachèrent à le perfectionner ; un luthier de Paris, nommé De Lusse, y ajouta une clef vers 1780; et quelques autres améliorations faites dans ces derniers temps l'ont porté à un point de perfection qui ne laisse rien à désirer. Son étendue est maintenant de plus de deux octaves et demie.
La qualité de son du hautbois se prête merveilleusement à l'expression quand il est bien joué ; ce son a plus d'accent, plus de variété que celui de la flûte. Quoiqu'il soit le produit d'un petit instrument, il a beaucoup de puissance, et perce souvent au-dessus des masses d'orchestres les plus formidables. Le hautbois était l'instrument à vent aigu dont les compositeurs faisaient le plus fréquent usage il y a quarante ans. Il convient également aux effets de l'orchestre et aux solos.

L'instrument auquel on a donné improprement le nom de cor anglais peut être considéré comme le contralto du hautbois, dont il est une variété. Ses dimensions sont beaucoup plus grandes, en sorte que, pour en faciliter le jeu, on a été obligé de le courber. Le cor anglais sonne une quinte plus bas que le hautbois, à cause de la longueur de son tube. Le son en est plaintif, et ne convient qu'aux mouvements lents, aux romances, etc. C'est un instrument moderne, et qui était inconnu vers 1770.

Le basson, qui appartient aussi à la famille des hautbois, et qui en est la basse, a été inventé en 1539 par un chanoine de Pavie nommé Afranio (???). Les Italiens l'appellent fagotto, parce qu'il est formé de plusieurs pièces de bois réunies en faisceau. Son étendue est de trois octaves et demie environ ; sa note la plus grave est le si bémol au-dessous de la portée à la clef de fa. La forme de cet instrument a subi beaucoup de modifications, et malgré les travaux de beaucoup d'artistes et de luthiers habiles, il est encore imparfait. Plusieurs de ses notes sont fausses, et ne peuvent être corrigées jusqu'à certain point que par l'adresse de l'artiste qui en joue. Presque tous ses sons graves sont trop bas, comparés aux sons élevés. On a multiplié ses clefs jusqu'au nombre de quinze, et ses moyens d'exécution en sont devenus plus riches ; mais tous ses défauts n'ont pas été corrigés. Plusieurs sons n'ont pas cessé d'être sourds ; d'autres sont restés faux, principalement dans le bas. Il est vraisemblable qu'on ne vaincra ces défauts qu'en perçant l'instrument sur de meilleurs principes et dans un système nouveau. Peut-être faudra-t-il changer sa forme et recourber son extrémité inférieure, afin de l'échauffer plus promptement. Les défauts que je viens de signaler dans le basson sont d'autant plus fâcheux que c'est un instrument indispensable dans la composition des orchestres. Il remplit à la lois l'office de ténor et de basse des instruments à anche, et lie entre elles les différentes parties de l'harmonie. Son emploi est d'un meilleur effet dans l'orchestre que dans le solo. Ses accents sont tristes et monotones lorsqu'il chante seul.
On se sert quelquefois en Allemagne d'une contre-basse de basson qu'on appelle contrebasson ; : ses proportions sont plus grandes que celles du basson, dont il sonne l'octave grave. Cet instrument est difficile à jouer, et exige que l'exécutant soit constitué d'une manière robuste. Il a le défaut d'articuler lentement les sons.

La clarinette est un instrument beaucoup plus moderne que le hautbois et le basson ; car elle n'a été inventée qu'en 1690, par Jean-Christophe Denner, luthier de Nuremberg. Elle n'eut d'abord qu'une seule clef, et ne fut que d'un usage fort rare, à cause de ses nombreuses imperfections ; mais la beauté de ses sons détermina quelques artistes à chercher des améliorations dans sa construction. Insensiblement, le nombre de ses clefs s'accrut jusqu'à cinq ; mais arrivée à ce point, elle n'offrait encore que peu de ressources. Cependant elle resta en cet état depuis 1770 jusqu'en 1787, où une sixième clef lui fut ajoutée. Enfin le nombre de ces clefs s'est successivement élevé jusqu'à quatorze; mais tous les défauts n'ont pas disparu. Outre les difficultés d'exécution qui existent encore, plusieurs notes manquent de justesse et de sonorité. Il en est de la clarinette comme du basson ; il faudrait que son tube fût percé d'après un meilleur système acoustique. La multiplicité des clefs dans les instruments à vent corrige les défauts de justesse, mais nuit à la sonorité.
Les difficultés d'exécution sont telles sur la clarinette, que le même instrument ne peut pas servir pour jouer dans tous les tons. Les tons dans lesquels il y a beaucoup de dièses exigent une clarinette particulière ; il en est de même des tons dans lesquels il y a beaucoup de bémols. Pour comprendre ceci, il faut savoir que plus le tube d'un instrument à vent est court, plus ses intonations sont élevées, et que ces intonations s'abaissent à mesure qu'on allonge le tube. Il résulte de là que si l'on allonge une clarinette de telle sorte que son ut soit à l'unisson de si bémol, il suffira de faire l'instrument de cette dimension pour que l'instrumentiste produise l'effet du ton de si bémol, en jouant en ut; il sera donc dispensé d'exécuter les notes qui offrent des difficultés à vaincre dans l'exécution. Si l'on continue à allonger la clarinette de manière que son ut sonne comme la, l'effet que produira l'artiste en jouant en ut sera comme s'il jouait en la, avec trois dièses à la clef. Telle est l'explication de ces mots dont les musiciens se servent : clarinette en ut, clarinette en si bémol, clarinette en la.
La clarinette n'a été introduite dans les orchestres français qu'en 1757 ; elle est devenue depuis lors d'un usage général, non seulement dans les orchestres ordinaires. mais dans les orchestres militaires, où elle joue la partie principale. Le son de cet instrument est volumineux, plein, moelleux, et d'une qualité qui ne ressemble à celle d'aucun autre, particulièrement dans la partie grave, qu'on nomme le chalumeau. On se sert dans la musique militaire, pour les solos, de clarinettes en mi bémol ou en fa, dont le son aigu et perçant convient à ce genre de musique, destinée à être entendue en plein air. Il y a aussi de très grandes clarinettes qui sonnent une quinte plus bas que les clarinettes en ut, et qui ont une qualité de son concentrée; on les nomme clarinette-alto. Ce sent les contraltos de la clarinette. On a construit depuis peu une clarinette-basse qui n'offre pas plus de difficultés dans l'exécution que la clarinette ordinaire, et qui complète cette famille d'instruments.

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