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vendredi 16 avril 2010

Johan Joseph Fux (deuxième partie)


Deuxième partie de la biographie de
Johan Joseph Fux

Jean-Joseph Fux

(1660-1741)

Bibliographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, par F.J.Fétis, deuxième édition, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, Tome 1, 1868, pages 178-179.


Les productions de Fux sont de quatre espèces, savoir:

  • 1° La musique d'église.
  • 2° Les opéras.
  • 3° La musique instrumentale.
  • 4° Son traité du contrepoint et de la fugue.

En voici la liste et l'analyse rangées dans ce même ordre.

I. MUSIQUE D'EGLISE.
  • Missa, Kyrie cum Gloria, Credo, Sanctus et Agnus, à quatre voix et orgue.
  • Missa canonica, Kyrie cum Gloria, Credo, Sanctus et Agnus, pour quatre voix et orgue.
  • Missa beatissimae Virginis immacalatae conceptionis, Kyrie cum Gloria, Credo, Sanctus et Agnus, à quatre voix, deux violons, alto, deux hautbois, cor, trois trombones et orgue.
  • Missa pro solemn. Fest. Kyrie cum Gloria, Credo, Sanctus et Agnus, pour quatre voix, deux violons, deux hautbois, alto et orgue.
  • Missa canonica, Kyrie cum Gloria, Credo, Sanctus et Agnus, à quatre voix, deux violons, alto, deux hautbois et orgue.
  • Missa brevis , Kyrie cum Gloria, Credo, Sanctus et Agnus , à quatre voix, deux violons, alto, deux hautbois, deux trompettes , timbales et orgue.
  • 6° (bis) Missa pro defunctis, à quatre voix et instruments, écrite en 1697.
  • 6° (ter) Requiem à cinq voix et instruments, composé pour les obsèques de l'impératrice Éléonore, femme de Léopold Ier. La partition de cet ouvrage est à la bibliothèque royale de Berlin.
  • 7° Motet, Ad te, Domine, levavi animam meam , à quatre voix et orgue. Ce morceau se trouve en partition dans le chapitre du style à capella du Gradus ad Parnassum.
  • 8° Psaume III: Confitebor tibi, Domine, à quatre voix, deux violons, deux hautbois, deux violes, violoncelle et orgue.
Tous ces ouvrages existaient dans l'ancien assortiment de musique manuscrite de Breitkopf à Leipsick; le catalogue de la grande vente faite publiquement au mois de juin 1836 fait voir qu'il ne restait plus de tout cela qu'une messe en sol mineur.
  • Missa in contrapunto nell' terzo tono.
  • 10° Libera me, Domine.
  • 11° Salve Regina.
Ces trois dernières compositions sont indiquées dans le catalogue du marchand de musique Traeg, publié à Vienne en 1804.
  • 12° Missa col titolo d'Alternazione, a quadro voci ed organo. Cette messe est citée par Fux dans son Gradus ad Parnassum.
  • 15° Missa De vicissitudinis quatuor vocum et organo. Le Kyrie de cette messe se trouve en partition dans le même ouvrage.
  • 14° Missa In fletu solatium quatuor vocum et organo. Le Kyrie, à quatre voix, et le Christe, à trois, de cette messe sont en partition dans le même livre.
  • 15° Missa Credo in unum Deum, quatuor vocum et organo. L'Amen du Credo de cette messe est en partition dans le même livre.
  • 15° (bis) Missa Constantiae, à quatre voix, deux violons, violes, trois trombones et orgue.
  • 16° Ave Maria, à quatre voix, sans orgue. Il est en partition dans le même livre. La bibliothèque royale de Berlin possède, du même maître:
la messe de Requiem à quatre voix et instruments composée en 1697, en partition;
une messe solennelle à quatre voix et orchestre, idem;
une messe canonique à quatre voix, sans orgue, idem;
le Requiem à cinq voix avec instruments (en ut mineur) composé pour les funérailles de l'impératrice, idem;
un Kyrie à cinq voix et orchestre, idem;
Dies irae (en mi mineur) à huit voix avec quatre violes et instruments à vent, idem;
un Requiem à quatre voix, a capella, sans accompagnement, idem;
le psaume Laudate pueri, à six voix, a capella, sans orgue, idem;
le psaume Laetatus sum, à huit voix avec instruments;
et enfin, la partition originale d'une messe pour le carême (Missa quadragesimalis), à quatre voix, sans orgue, écrite en 1716.
  • 16° (bis) La Deposizione della croce di Gesù Cristo, oratorio écrit en 1728 et exécuté dans la même année, puis repris en 1738.
Tous ces ouvrages font voir que Fux possédait les bonnes traditions des écoles italiennes dans l'art d'écrire. Son harmonie est pure; sa modulation naturelle, quoiqu'elle ne soit pas dépourvue de cadences inattendues. Son style fugué est élégant et vif; les voix sont bien placées, chantent d'une manière facile, et souvent leurs entrées sont d'un effet heureux et piquant.
Avec tant de mérite comme compositeur, Fux ne méritait pas l'oubli où il est tombé de nos jours, ni la réputation de musicien pédant qu'il a eue longtemps.

II. OPERAS.
  • La Clemenza di Augusto , représenté à Vienne en 1702, pour la fête patronale de l'empereur Léopold Ier.
  • Offendere per amare ovvero la Telesilla, représenté à Vienne, dans la même année, pour l'anniversaire du jour de naissance de la reine des Romains, Amélie Wilhelmine.
  • Decima fatica di Ercole, ovvero la Sconfita di Gerione in Spagna, drame historico-pastoral, représenté à Vienne, en 1710.
  • Elisa, opéra, gravé en partition sous ce titre : Elisa, festa. teatrale per musica, rappresentata nel giardino del Imperiale Favorita per il felicissimo giorno natalizio della S. C. et catelica R. M. di Elisabetta Christina Imperatrice regnante, per comando della S. Ces. Cat. Real Maesta di Carlo VI. Poesia de P. Pariati, Musica di Gio. Giuseppe Fux; Amsterdam, chez Le Cène, 1715.
  • Angelica vincitrice d'Alcina, opéra représenté à Vienne, en 1716, pour l'anniversaire du jour de naissance de l'archiduc Léopold.
  • Psyche, opéra en trois actes, 1719. La partition manuscrite de cet ouvrage existait chez Traeg, à Vienne, en 1804.
  • La Corona d'Arianna, opéra représenté à la cour impériale, en 1726.
  • Costanza e Fortezza, fête théâtrale, représentée à Prague en 1725.
  • Enea negli Elisi, à Vienne, en 1731.
III. MUSIQUE INSTRUMENTALE.
  • Concentus musica-instrumemtalis in 7 partitas divisus. Nuremberg, 1701, in·fol.
  • 2° Six ouvertures pour deux violons, viole, basse, deux hautbois et un basson, Vienne (sans date), in·fol.
  • 3° Trios pour deux violons et basse, en manuscrit. Mattheson fait un pompeux éloge de cet ouvrage dans sa Critica musica (t. I, p. 131, n°1), et dit même que Fux y est incomparable.
IV. DIDACTIQUE.
  • Gradus ad Parnassum, sive manuductio ad compositionem musicae regularem, methodo nova ac certâ, nondum ante tam exacto ordine in lucem edita : elaborata à Joanne Josepho Fuz, etc., Viennae Austriae, Typis Joannis Petri Van Ghelen, 1725, in·fol.
    Cet ouvrage est divisé en deux livres.
    Le premier, qui renferme vingt-trois chapitres, est entièrement relatif aux proportions des intervalles des sons, d'après les principes numériques des géomètres.Le dernier chapitre de ce livre est le seul qui se rapporte à l'objet que Fux s'était proposé: il renferme des notions sur les intervalles considérés sous le rapport musical, et sur leur mouvement dans l'harmonie.
    Le deuxième livre, composé de dialogues entre un maître et son élève, renferme des instructions sur les différents genres de contrepoints simples et doubles, sur l'imitation et la fugue à deux, trois et quatre parties, et sur l'application de ces choses dans les différents styles de la composition, avec beaucoup d'exemples.
Le livre de Fux a été l'objet de beaucoup d'éloges exagérés et de critiques injustes.
On ne peut nier que l'ordre établi, dans cet ouvrage, pour la progression des études ne soit excellent,rationnel et fondé sur un très bon système d'analyse de l'art d'écrire.
Cet ordre a été trouvé si bon, que tous les traités de contrepoint et de fugue publiés postérieurement ont été calqués sur le même plan, bien que les détails aient été perfectionnés.
Sans doute, Fux a trouvé les éléments de sa classification dans les ouvrages de J. M. Bononcini, de Cerreto, de Tevo, de Penna, et même dans les Institutions harmoniques de Zarlino; mais la liaison des faits n'avait pas encore été aussi bien établie que dans son livre.
Sous ce rapport, le Parfait Maître de chapelle de Mattheson, et le Tractatus musicus compositorio-practicus de Spiess, publiés plusieurs années après le Gradus ad Pamassum, sont fort inférieurs à ce livre, bien qu'ils renferment des choses estimables sur diverses parties du style moderne, trop négligées par Fux.
Le plus important et le plus juste reproche qu'on peut faire à ce maître, est d'avoir manqué absolument de critique et de raisonnement dans l'analyse des règles qu'il a données; règles puisées dans un très-bon sentiment de pratique, mais dont il n'a presque jamais aperçu la véritable origine. Lorsqu'il veut résoudre des difficultés proposées par son élève, il ne trouve que de niaises réponses, où la question est éludée plutôt qu'éclaircie.
A l'égard de quelques exemples de contrepoint simple de son livre, qui ont été l'objet d'amères critiques, il faut remarquer que l'ancienne tonalité, prise pour base de son travail, a des résultats qui choquent les habitudes de notre oreille, mais qui ne paraissaient pas aussi étranges à l'époque où Fux écrivait, parce qu'on était plus accoutumé à entendre de la musique composée dans cette tonalité.
Le seul tort qu'on peut reprocher à l'écrivain, sous ce rapport, est d'avoir voulu introduire dans cette tonalité certaines circonstances harmoniques qui y sont absolument étrangères; par exemple la quinte dans le retard de la sixte par la septième qui jette dans l'harmonie beaucoup de dureté, parce qu'elle n'est pas analogue à la constitution de l'accord non retardé.
Fux a manqué de discernement en plusieurs choses de ce genre, n'ayant point fait la distinction de l'harmonie qui appartient à la tonalité du plain-chant, et de celle qui est de l'essence de la tonalité moderne.

On s'est étonné que Fux ait écrit son livre en latin, ce qui en a rendu l'usage à peu près inutile aux musiciens, dont l'éducation littéraire est en général négligée ; mais, né dans la Styrie, il connaissait peu le génie du bon allemand, et l'on voit, par les lettres qu'il a écrites à Mattheson, que son style en cette langue était fort mauvais.

L'ouvrage de Fux a été traduit en allemand par Mizler, sous ce titre :
Gradus ad Parnassum oder Anführung zur Regelmaessigen musikalischen Composition, Leipsick, Mizler, 1742, in·4°.
Cette traduction, qui a le mérite d'être fidèle, est incommode parce que les exemples ont été séparés du texte et gravés à part.

L'exécution typographique de la traduction italienne faite par l'abbé Alexandre Manfredi est préférable, parce que la disposition originale de l'ouvrage y a été conservée; elle est intitulée :
Salita al Parnasso o sia Guida alla regolare compesizione della musica, con nuovo e certo metodo non per anche in ordine si esatto data alla luce, e composta da Giovanni Giuseppe Fux, etc., In Carpi, 1761, in-fol.

En 1773, une fort mauvaise traduction française, faite par un maître de musique de la maison de Saint-Cyr, nommé Pietro Denis, parut sous ce titre :
Traité de composition musicale fait par le célèbre Fux.
Il semble, d'après ce que dit ce Denis que Cafaro, appelé par lui Caffro, avait fait une autre traduction italienne du Gradus ad Parnassum, et qu'il en avait introduit l'usage dans le Conservatoire qu'il dirigeait; mais ce fait ne s'est pas vérifié depuis lors.
A l'égard de la traduction française, on n'y trouve du premier livre que le dernier chapitre; et toute la fin du deuxième, relative aux divers styles, y manque aussi. La traduction est en elle-même inexacte et mal écrite, et l'exécution typographique en est si mauvaise, que l'ouvrage est à peine lisible.

Il y a aussi une traduction anglaise, ou plutôt un résumé du Gradus sous ce titre : Faux's (et non Feaux's, comme il est dit dans le catalogue de Preston, Londres, 1797) practical rules for learning composition, translated from the latin, Londres, 1791, in-4°.
La forme du dialogue a été remplacée dans ce volume par un exposé succinct des règles : la plupart des exemples ont été conservés.

Le P. Paolucci a inséré un exemple de style fugué extrait de l'ouvrage de Fux, au commencement du deuxième volume de son Arte pratica di contrapunto.

On trouve deux lettres de Fux à Mattheson sur la solmisation et le nombre des modes, dans le deuxième volume de la Critica musica de ce dernier (p. 185 et 197).

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