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jeudi 13 novembre 2008

Eurydice à Florence

Comment Eurydice revint définitivement à la vie à Florence avec l’opéra.

Au début du XVe. siècle, la noblesse, et en particulier la noblesse italienne, ne se contente plus, au niveau musical, des messes, motets, et tous ces formes d’œuvres de musique sacrée que ces personnages, puissants, avaient l’habitude d’entendre dans leur chapelle. C’est ainsi qu’à Florence ils créèrent, autour d’eux, ce qu’on appellera plus tard des salons.

Ces réunions de poètes, de musiciens et de membres éclairés de la noblesse s’appellent alors des cénacles ou camerata. La plus connue est la camerata du comte Bardi (1534-1614) appelée encore Camerata Fiorentina ou Cercle de Florence.

Parmi ses membres on y remarque Vincenzo Galilei (1520-1591), théoricien de la musique qui prône un style mélodique proche de la monodie grecque (V.Galilei est le père du célèbre physicien et astronome Galileo Galilei dit Galilée, 1564-1642, qui en observant les ondes stationnaires en acoustique définira les intervalles musicaux). On rencontre également Ottavio Riniccini, poète dont le style pastoral était fort à la mode à cette époque. Mais on discernera surtout les musiciens, chanteurs et compositeurs Emilio de Cavalieri (1550-1602), Giulio Caccini (1551-1618) et Jacopo Peri (1561-1633).

Aucun d’entre eux ne saurait s’attribuer l’invention de l’opéra, ni même du récitatif qui existait déjà dans le théâtre grec, mais c’est bien au sein du cénacle du comte Bardi que naquit l’idée d’associer le récitatif à une œuvre lyrique autour d’un sujet dramatique.

Un évènement « médiatique » allait faire entrer l’opéra dans l’histoire. En effet, les florentins avait financé Henri de Navarre pour lui permettre d’accéder au trône de France. Il leur était donc redevable de la somme d’un million d’écus d’or. En annulant son mariage avec Marguerite de Valois et en épousant la nièce du Grand Duc de Toscane Ferdinand 1er., il voyait sa dette se réduire à quatre cent mille écus. C’est ainsi que fut décidé le mariage d’Henri IV (1553-1610) avec la jeune Marie de Médicis alors âgée de dix-sept ans. Pour marquer cet évènement, il fut décidé qu’il y aurait, au palais Pitti, la représentation d’un drame lyrique avec tout le faste qu’il convenait.

Tout naturellement, on demanda aux membres de la camerata fiorentina de participer à ce projet. Le livret fut donc confié à Rinuccini, Peri fut nommé compositeur principal, Cavalieri fut chargé des intermèdes et Caccini fut associé à l’œuvre en fournissant quelques airs. Il bénéficia en outre d’une autre commande en compensation de n’avoir pas été nommé compositeur principal.

Déjà très présent dans la culture florentine, le sujet choisi fut le mythe d’Orphée. Cependant, la nymphe Eurydice, la véritable héroïne, devait revenir définitivement à la vie au lieu de retourner aux Enfers. Un « Happy End » qui allait devenir une des règles de l’opéra.

C’est donc le 6 Octobre 1600 que fut donné la première de EURIDICE, Peri y tenant le rôle d’Orphée.

Devant l’immense succès remporté par Peri, Caccini s’empressa de composer son propre EURIDICE sur le même livret que Peri. Sa représentation eut lieu le 5 décembre 1602, sans grand succès. Pourtant des airs de Caccini furent chantés lors de la première représentation de l’œuvre de Peri en 1600. De plus, Caccini avait réussi à précéder Peri en faisant publier son EURIDICE dès 1601.

On pourrait regretter que la dure loi de la concurence vienne entacher un évènement aussi important, mais cette rivalité n’est-elle pas à la hauteur de l’événement ?

EURIDICE est le premier opéra dont la musique nous soit parvenue intégralement. Peri avait composé DAPHNE sur un texte de Rinuccini dont la première représentation avait eut lieu au cours du carnaval de 1597 mais dont il ne reste que quelques fragments.

L’EURIDICE de Peri est souvent donné et a été enregistré de nombreuses fois.

L’EURIDICE de Caccini est très rarement représenté.

Caccini publia « Nuove Musiche » en 1602. Ce premier traité sur l’art vocal, qui démontre l’importance de l’interprétation, fut considérée comme une des sources majeures de la pratique du chant jusqu’au début du XVIIe.siècle. Tous les chanteurs débutants connaissent bien le fameux madrigal Amarilli ! Citons également un morceau présent sur le site Corpsyphonie: Amor, ch'attendi ?

Peri récolta les fruits du succès et fut nommé directeur de la musique du Grand Duc, puis camerlengo generale. Il écrivit alors de nombreux ballets, intermèdes et fêtes aujourd’hui perdus. En 1609 il publia un recueil de chansons le Varie Musiche et collabora ensuite avec Marco de Gagliano pour les opéras de ce dernier. Les chanteurs débutants connaissent sans doute Gioite al canto mio extrait de Euridice, souvent évité car en mesures composées !

Après Ferdinand Ier Grand Duc de Toscane de 1587 à 1609, et plus sensiblement à l’arrivée du Grand Duc Ferdinand II en 1621, la décadence des Médicis s’accélère . Ferdinand II se laisse dominer par les moines et c’est le déclin de l’activité artistique à Florence.

Eurydice à Florence

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